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Health Action International
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54ème Assemblée
mondiale de la Santé : Politique pharmaceutique
Mai 2001
Améliorer
et encourager l'accès aux médicaments essentiels
La mondialisation : à quel
prix ?
La mondialisation a abouti à de grandes disparités, avantageant considérablement
certains pays et individus aux dépens de beaucoup d'autres. Ses effets
dommageables pèsent de manière disproportionnée sur les pauvres. C'est
dans le domaine de l'accès aux médicaments essentiels que cette polarité
est la plus évidente. Aujourd'hui, dans les pays en voie de développement,
plus de deux milliards de personnes n'ont pas accès aux médicaments nécessaires.
Cet accès leur est refusé pour un certain nombre de raisons, mais principalement
parce que le prix des médicaments est élevé et qu'elles n'ont pas d'argent
pour les acheter. Ironiquement, le prix de détail de plusieurs médicaments
essentiels est plus élevé dans les pays pauvres en voie de développement
que dans les pays riches développés. [i]
Les gouvernements nationaux
doivent aborder la question des conséquences négatives de la mondialisation
sur la santé publique. Malheureusement, les accords sur la mondialisation
et le commerce international ont entravé leur capacité de réaction. Ces
dernières années, de nombreux pays en voie de développement n'ont pas
pu appliquer les possibilités juridiques leur permettant un accès amélioré
aux médicaments, du fait des pressions économiques et politiques exercées
par certains gouvernements puissants et des intérêts commerciaux connexes.
Par exemple, une plainte récente du gouvernement américain concernant
le Brésil et déposée devant l'organe de règlement des différends de l'Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) (World Trade Organization, WTO) pourrait nuire
au programme contre le SIDA de ce pays, qui s'appuie principalement sur
sa capacité à produire un traitement à prix abordable. Un tel défi juridique
intimide aussi d'autres pays recherchant l'assistance du Brésil pour trouver
les moyens de produire les médicaments nécessaires.
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Comment les
pauvres paient-ils le prix de la mondialisation ?
*
Dans plus de 30 pays, la dépense publique pharmaceutique est inférieure
à 2 dollars par personne et par an. [ii]
* Plus
d'un tiers de la population mondiale n'a toujours pas accès aux médicaments
essentiels. Dans les régions les plus pauvres d'Afrique et d'Asie, ce
chiffre s'élève à 50%. [iii]
* Dans les pays en voie de développement et les économies de transition,
50 à 90% des médicaments sont payés par les consommateurs eux-mêmes. [iv]
* Moins d'un pays en voie de développement sur trois dispose d'autorités
de réglementation pharmaceutique qui jouent pleinement leur rôle. [v]
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Améliorer l'accès aux médicaments de manière durable
Ces derniers mois, les offres provenant de l'industrie pharmaceutique
et visant à négocier des remises sur les traitements de maladies particulièrement
médiatisées - telles que le SIDA/HIV, la malaria et la tuberculose - ont
fait la une de tous les journaux. Pourtant, alors même que dans le monde
plus d'une personne sur trois n'a toujours pas accès aux médicaments essentiels,
ce problème ne peut être résolu par la négociation de remises, pays par
pays, firme par firme, et médicament par médicament. Jusqu'à ce que les
entreprises soient disposées à dévoiler la manière dont elles déterminent
les prix - ce qui permettra à toutes les négociations de commencer sur
un pied d'égalité - l'accès en fonction du prix ne sera pas amélioré de
façon équitable ni durable. L'HAI demande une réduction du prix des médicaments
dans le cadre d'initiatives et de réformes plus larges abordant tous les
aspects de l'amélioration du système de santé. L'état de fragilité actuel
des services sanitaires empêche l'accès aux médicaments et prive la majorité
des citoyens des pays en voie développement de soins satisfaisants.
Le besoin en médicaments
génériques
Quand ils sont mis en concurrence avec les produits génériques, les prix
des médicaments diminuent. Au Brésil, par exemple, dans les cinq années
qui ont suivi le lancement de la production locale, le prix de certains
médicaments contre le HIV a chuté de 82%. La baisse des prix a permis
au gouvernement de fournir des traitements gratuits contre le HIV aux
Brésiliens qui en avaient besoin : une stratégie qui a contribué à une
diminution globale du taux d'infection [vii].
Le développement de la production générique et locale, tout comme l'exploitation
locale [viii] et précoce [ix]
des brevets sont les stratégies complémentaires nécessaires pour améliorer
et faire durer l'accès aux médicaments.
L'examen du prix des médicaments
Les Etats membres ont besoin d'informations supplémentaires sur la façon
dont les prix des médicaments sont fixés. Plusieurs études sur le prix
de détail des médicaments essentiels ont montré d'importantes variations
entre les pays. Il s'est avéré que le prix de détail de plusieurs médicaments
essentiels était plus élevé dans les pays en voie de développement d'Afrique
et d'Amérique Latine que dans les pays industrialisés riches. [x]
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Les conditions
d'accès aux médicaments
L'OMS
a défini quatre conditions devant être remplies pour améliorer et garantir
un accès durable aux médicaments nécessaires [vi]
:
* une sélection rationnelle basée sur une liste nationale des médicaments
essentiels et des lignes directrices de traitement
* des prix abordables pour les gouvernements, les praticiens et les consommateurs
* un financement durable par des mécanismes équitables, comme les contributions
directes ou l'assurance maladie
* des systèmes d'approvisionnement fiables alliant les services publics
et privés.
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L'HAI a affirmé que ces variations importantes étaient
dues à la manière arbitraire dont l'industrie définissait les prix, afin
de maximiser les profits. L'industrie du médicament le nie et prétend
au contraire que les variations sont dues à des facteurs locaux incluant
les impôts, les taxes indirectes, les coûts de gros et les marges des
détaillants. Puisque les négociations sur les remises reposent sur les
Prix de Vente des Producteurs (PVP) (Manufacturer's Selling Prices, MPS),
une information est nécessaire sur la relation entre les prix de détail
et les prix de vente des producteurs, fixés selon leurs critères propres
et confidentiels.
Lors d'une table ronde sur
les produits pharmaceutiques, l'OMS et les ONG recueilleront des données
supplémentaires sur les prix des médicaments dans le cadre d'un projet
coordonné par l'HAI. Elles dégageront une nouvelle méthodologie standardisée
pour recueillir des informations sur la façon dont les prix des médicaments
sont déterminés dans les pays de bas et moyens revenus.
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Un examen plus
attentif de l'initiative d'Accès Accéléré
L'année
dernière, cinq multinationales pharmaceutiques et cinq agences internationales
[xi]
ont lancé cette initiative
à grand renfort de publicité, en la présentant comme une réponse des firmes
pour un plus large accès aux médicaments antiviraux dans les pays pauvres,
grâce à la diminution des prix. 
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Les prix différenciés
Les prix différenciés - les entreprises facturant des montants distincts
sur les différents marchés en fonction de leur pouvoir d'achat - ont été
proposés comme des moyens possibles d'améliorer l'accès aux médicaments
dans les pays en voie de développement. En fonction de leur situation
propre, les pays en voie de développement pourraient choisir de négocier
des prix différenciés pour les médicaments cruciaux dans les prochains
mois, voire dans les prochaines années. Les pays devraient considérer
cela comme l'un des nombreux outils disponibles pour améliorer l'accès
aux médicaments, au même titre que les importations parallèles et les
licences obligatoires. Mais les mécanismes de prix différenciés ne devraient
pas impliquer de lourdes conditions, comme l'obligation pour les pays
pauvres de renoncer à leurs droits garantis par l'Accord sur les ADPIC.
[xvii] Des prix avantageux devraient
être proposés aux centres hospitaliers, aux projets d'entreprises sanitaires
et d'assurance, et notamment aux services de santé du secteur public
Développer une stratégie
mondiale de santé
La diminution du prix des médicaments est cruciale, mais ce n'est qu'un
élément parmi d'autres. Comme le déclarait le Directeur général de l'OMS
: "Il serait néanmoins naïf de penser qu'il suffit de réduire le prix
des médicaments. La perspective d'une telle réduction stimule la demande
de soins et augmente en fait le besoin en ressources." [xviii]
Pour assurer l'accès aux médicaments nécessaires, les pays doivent formuler
et mettre en pratique des Politiques Pharmaceutiques Nationales (PPN)
(National Drug Policies, NDP) fondées sur le concept de médicament essentiel.
Les Etats membres tirent profit des PPN qui sont une composante de la
politique nationale de santé. Les gouvernements doivent s'engager à maintenir
et à améliorer les services médicaux, et à donner la priorité aux soins
médicaux fondamentaux. Et les donateurs internationaux devraient soutenir
des "efforts" visant à la reconstruction des services sanitaires.
Les éléments clefs d'une PPN
assurant un accès normal aux médicaments essentiels comprennent:
-
une participation suivie des consommateurs à la formulation et l'application
des PPN
- des systèmes sains de gestion
et de distribution de l'approvisionnement, soutenus par des ressources
humaines renforcées
- une sélection rentable
des médicaments essentiels
- l'utilisation de noms génériques
- l'achat en gros, centralisé
et commun de médicaments génériques par l'intermédiaire de fournisseurs
internationaux
- une coopération régionale
et locale
- des politiques de fixation
des prix
- une législation nationale
incluant des mécanismes autorisant les licences volontaires, les licences
obligatoires, les importations parallèles, l'exploitation précoce et
locale des brevets, les importations et les incitations fiscales à la
production locale
- le financement des services
médicaux
- des règlements améliorés
prévoyant une application et un contrôle accrus.
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Les besoins
en recherche et développement concernant les maladies négligées
Lors du récent atelier OMC/OMS sur les prix différenciés, les ONG participantes
ont réclamé une nouvelle convention globale sur la recherche et le développement
pour aider les secteurs de recherche tant publics que privés. [xxix]
Cette convention
créerait un mécanisme nouveau permettant d'accroître les fonds de Recherche
et de Développement (R&D) d'une manière compatible avec l'accès aux médicaments
et les besoins sanitaires, en encourageant la recherche sur les maladies
négligées.
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Les actions de l'OMS en faveur de l'accès aux médicaments
La nécessité d'améliorer l'accès aux médicaments essentiels, y compris
aux nouveaux médicaments, a été réaffirmée par un certain nombre de résolutions
de l'Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) (World Health Assembly, WHA).
Plus récemment, en mai 1999, l'AMS a adopté la résolution 52.19 sur la
Stratégie Pharmaceutique Révisée. Elle a pris note de l'inquiétude des
Etats membres concernant les effets des conventions internationales et
notamment des accords commerciaux sur la capacité de production locale,
sur l'accès aux produits pharmaceutiques et sur leur prix dans les pays
en voie de développement ou les moins développés. A leur demande, le Directeur
général a collaboré avec les Etats membres et avec les organisations internationales,
afin de contrôler et d'analyser les implications pharmaceutiques et de
santé publique des conventions internationales applicables et notamment
des accords commerciaux ; de cette manière, les Etats membres pourront
effectivement évaluer et développer les politiques de santé et les mesures
réglementaires adaptées à leurs intérêts et priorités, d'être ainsi capables
de maximiser les effets positifs de ces conventions et d'en minimiser
les effets négatifs. A l'heure actuelle, plus de 19 mois après l'approbation
de la dernière résolution de l'AMS sur la Stratégie Pharmaceutique Révisée
(mai 1999), il est nécessaire d'évaluer la manière dont elle a été appliquée.
En accord avec cette résolution,
l'OMS pose maintenant les quatre questions suivantes, afin de contrôler
et d'analyser les effets de la mondialisation et des conventions commerciales
sur le secteur pharmaceutique: [xix]
- les médicaments essentiels
les plus récents sont-ils plus chers qu'ils ne l'auraient été s'ils
n'avaient pas été sous brevet ?
- l'introduction des médicaments
génériques connaît-elle un ralentissement ?
- le nombre de nouveaux médicaments
traitant les maladies négligées a-t-il augmenté'?
- les transferts de technologies
et l'investissement étranger direct dans les pays en voie de développement
sont-ils en augmentation ou en diminution ?
L'OMS a aussi indiqué que
les normes actuelles de la propriété intellectuelle - qui trouvent historiquement
leur origine dans celles des pays développés - n'étaient pas nécessairement
adaptées aux pays qui luttent pour faire face à leurs besoins de santé
et de développement. Elle a proposé que les pays en voie de développement
puissent utiliser la flexibilité des dispositions de l'Accord sur les
ADPIC et ses garanties, afin de protéger la santé publique. [xx]
Même si ces développements
sont encourageants, l'OMS doit participer de façon beaucoup plus active
au soutien de la Stratégie Pharmaceutique Révisée.
Une inquiétude croissante
au niveau mondial sur les effets du commerce sur la santé
Avant l'échec de la Conférence ministérielle de Seattle, fin 1999, et
la dénonciation réussie de l'intervention du candidat à l'élection présidentielle
américaine Al Gore dans les pressions exercées sur l'Afrique du Sud pour
qu'elle accepte des politiques ADPIC-plus, le soutien de l'Accord de l'Union
européenne et des Etats-Unis ont fortement favorisé les groupes pharmaceutiques.
Les Etats-Unis ont même essayé à plusieurs reprises d'intimider des gouvernements
- tels que celui de l'Afrique du Sud - en les menaçant de sanctions économiques,
alors que ceux-ci tentaient d'appliquer les options ratifiées par l'OMC
dans le cadre de l'Accord ADPIC. [xxi]
Mais cette situation est en train d'évoluer. Les Etats-Unis ont mis fin
aux menaces de sanctions commerciales sur les pays en voie de développement,
position réaffirmée publiquement par l'administration Bush actuelle. [xxii]
Le Parlement européen a soutenu publiquement le droit des pays à utiliser
les licences obligatoires, les importations parallèles et l'exploitation
précoce des brevets. Ils ont aussi réaffirmé que les règles de l'Organisation
Mondiale du Commerce autorisaient ces possibilités permettant de garantir
des médicaments à des prix plus bas. [xxiii]
De surcroît,
en août 2000, la Sous-commission des Nations unies pour la Promotion et
la Protection des Droits de l'Homme a déclaré que l'Accord sur les ADPIC
actuellement en vigueur représentait une violation des droits de l'homme
et a appelé tous les gouvernements et forum de politique économique à
prendre en considération les obligations et principes des droits internationaux
de l'homme lors de la formulation des politiques économiques. En avril,
une résolution brésilienne appelant les gouvernements à encourager un
accès abordable aux médicaments contre le SIDA et le HIV, et ce en tant
que droit humain fondamental, a été approuvée d'une manière écrasante
par la Commission des Droits de l'Homme des Nations unies. [xxiv]
Et il y a quelques semaines
de cela, la pression croissante de l'opinion publique a finalement obligé
39 multinationales pharmaceutiques à abandonner l'action judiciaire intentée
contre le gouvernement d'Afrique du Sud. Cette affaire concernait la législation
autorisant l'importation de médicaments à prix abordable et une plus large
utilisation des médicaments génériques. Durant les trois années pendant
lesquelles l'industrie a retardé l'application du texte de loi, plus de
400.000 Sud-africains sont morts du SIDA/HIV, la plupart d'entre eux n'ayant
pas eu accès aux traitements abordables. [xxvi]
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La mise à jour
de la Liste des Médicaments Essentiels
Le
concept de médicament essentiel repose sur le fait que seulement environ
250 médicaments permettent de traiter efficacement plus de 90% des maladies.
Les médicaments essentiels sont définis comme "ces médicaments qui satisfont
les besoins sanitaires de la majorité de la population, à un prix abordable
pour celle-ci et pour la communauté ; ils devraient donc être disponibles
à tout moment, en quantité suffisante et sous la forme pharmaceutique
appropriée". [xxi]
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La renégociation de l'Accord sur les ADPIC
D'après la convention originale, cet Accord devait faire l'objet d'une
révision en 2000. Lors de la révision en cours, les négociateurs doivent
prendre en compte la nécessité pour les pays en voie de développement
d'avoir des régimes de brevets plus flexibles, permettant de protéger
la santé publique et de garantir le développement des moyens de production
locaux. Par exemple, les licences obligatoires devraient pouvoir couvrir
les exportations d'un pays disposant de moyens de production, vers un
pays qui n'en dispose pas, mais qui en octroie la licence. Sans une telle
modification, les licences obligatoires n'ont, dans la plupart des pays
pauvres, aucun sens.
L'HAI se réjouit de l'initiative
africaine - particulièrement fructueuse - qui vise à convoquer une session
spéciale sur cet accès, lors de la réunion en juin prochain du Conseil
des ADPIC de l'OMC. Ce sera la première fois que les pays discuteront
de la manière dont les exigences de l'Accord sur les ADPIC peuvent être
conciliées avec les besoins sanitaires des pays en voie de développement.
[xxvii] Les ONG - et notamment
l'HAI - profiteront de ce forum pour réclamer une extension du délai prévu
permettant aux pays les moins développés de se soumettre à l'Accord sur
les ADPIC et aussi pour élaborer des mécanismes de recherche et de développement
sur les maladies négligées dans les pays en voie de développement. L'HAI
apporte son soutien à une révision de l'Accord sur les ADPIC visant à
garantir que les règles générales relatives à la propriété intellectuelle
soutiennent sans réserve la santé publique, au lieu de lui causer du tort.
Les droits des brevets ne
sont pas inaliénables et les gouvernements utilisent souvent les licences
obligatoires et les importations parallèles dans de nombreux pays. Les
licences obligatoires sont accordées de façon régulière par les gouvernements
de manière à élargir l'accès aux technologies et à l'information, afin
de réaliser un certain nombre d'objectifs publics. Comme l'a écrit un
expert : "Il ne faut pas oublier que les brevets représentent un instrument
interventionniste destiné au bien-être de la communauté. Dès lors, une
intervention ayant pour objet de restreindre certains des effets des brevets
peut être nécessaire, lorsque qu'ils ne servent plus ce bien-être". [xxviii]
L'orientation vers des
solutions durables
Du fait de l'actuelle pandémie de SIDA/HIV, la solution ad hoc qui vise
à réduire les prix des antirétroviraux et des autres traitements de la
maladie et des infections qui y sont liées s'est trouvée au centre des
débats. Alors qu'il est aujourd'hui urgent de remédier à cette catastrophe,
les Etats membres et l'OMS doivent aussi voir plus loin et appréhender
les problèmes, notamment celui de l'accès aux médicaments à plus long
terme.
Pour la majorité des 2 milliards
de personnes qui n'ont toujours pas accès aux médicaments essentiels,
les systèmes de prix différenciés ou de prix coûtants ne leur permettront
pas d'obtenir les médicaments dont ils ont besoin. Une politique permettant
cet accès est la création de projets publics d'assurance maladie. Il est
aussi nécessaire d'examiner l'indépendance du système global d'approvisionnement
pharmaceutique. Le développement de projets d'assurance maladie, l'incitation
à une plus grande utilisation des médicaments génériques, la production
locale, l'exploitation précoce des brevets et les importations parallèles
permettront de réduire les prix et d'améliorer l'accès aux médicaments.
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Recommandations
Pour les Etats Membres
:
- Les pays devraient utiliser
les moyens disponibles et le soutien global pour que les garanties prévues
par l'Accord sur les ADPIC - licences volontaires et obligatoires, importations
parallèles - deviennent opérationnelles dans leurs législations nationales.
- Les Etats membres devraient
promulguer des lois et règlements encourageant la production locale
et générique, notamment l'étiquetage générique, les importations à prix
réduits et les mesures fiscales pour la production locale de médicaments
essentiels et l'exploitation locale des brevets.
- Les gouvernements devraient
adopter des réglementations exigeant des firmes qu'elles décomposent
leurs prix en répondant aux offres ou bien en négociant les prix avec
les gouvernements.
- Les Etats membres devraient
assurer la participation directe de la société civile à la formulation
et l'application des politiques de santé, afin de les renforcer et d'améliorer
leur efficacité.
- Les Etats membres sont
encouragés à demander à l'OMS qu'elle convoque des négociations d'ici
la fin de l'année pour une nouvelle convention sur la recherche et le
développement destinée à renforcer les secteurs de recherche tant publics
que privés. Des efforts nationaux supplémentaires pour soutenir la recherche
et le développement pourraient inclure les travaux faisant l'objet d'un
financement public et imposer aux firmes des exigences de recherche
et de développement.
- Les pays en voie de développement
doivent acquérir leur indépendance en renforçant leur système général
d'approvisionnement pharmaceutique.
- Une législation nationale
devrait être mise en place pour donner un support juridique à une politique
pharmaceutique nationale fondée sur le concept de médicament essentiel.
Pour l'OMS :
- L'organisation devrait
aider ses membres à obtenir des données sur la R&D (Recherche et Développement),
l'innovation et la production pharmaceutique au niveau mondial, afin
qu'ils puissent les utiliser lorsqu'ils explorent les options possibles
permettant l'amélioration de l'accès aux médicaments.
- Elle devrait également
travailler avec les Etats membres pour leur fournir des informations
sur la manière dont les prix sont fixés, et notamment des informations
sur le rapport entre le prix de détail et le prix de vente des producteurs.
- L'OMS doit fournir aux
Etats membres des modèles de lois et de réglementations sur les licences
obligatoires et les autres moyens légaux de franchir les obstacles empêchant
l'accès notamment aux médicaments onéreux. Elle devrait aussi fournir
des conseils aux pays sur les meilleures options juridiques possibles
pour maximiser la disponibilité des médicaments et protéger la santé
publique.
- L'organisation devrait
mettre en place une nouvelle convention globale concernant la recherche
et le développement sur les maladies négligées. L'OMS devrait jouer
un rôle déterminant dans la définition d'un calendrier de conduite de
recherches sur les besoins existants, afin d'aider les responsables
politiques, les agences de financement et la communauté scientifique
à fixer des priorités de recherche répondant aux besoins en pharmacothérapie
des pays en voie de développement.
- Il devrait être confié
à l'OMS le soin de promouvoir le processus de révision de la Liste des
Médicaments Essentiels actuellement en cours ; elle devrait partager
ces informations avec les Etats membres dès que possible, afin de promouvoir
l'adoption anticipée des recommandations de révision, qui requièrent
notamment une transparence accrue du processus de sélection et une information
plus large et meilleure, facilitant l'adaptation nationale de la liste
modèle aux besoins locaux.
- Un travail plus important
doit être fait pour développer les bases de données sur le prix des
médicaments essentiels et des matières premières. L'OMS peut jouer un
rôle en garantissant la qualité des sources et en coopérant avec l'Organisation
Mondiale de la Propriété Intellectuelle (World Intellectual Property
Organization, WIPO) au niveau des informations sur le statut des brevets.
- La situation actuelle de
l'accès aux médicaments exige que l'OMS fasse un compte-rendu annuel
sur l'application de la Stratégie Pharmaceutique Révisée.
- L'organisation devrait
continuer à contrôler de manière active et à analyser les effets des
conventions commerciales internationales sur l'accès aux produits pharmaceutiques
et encourager les Etats membres en voie de développement à utiliser
les garanties prévues par l'Accord sur les ADPIC.
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Un examen
plus attentif de l'initiative d'Accès Accéléré
L'année dernière, cinq multinationales
pharmaceutiques et cinq agences internationales [xi]
ont lancé cette initiative à grand renfort de publicité, en la présentant
comme une réponse des firmes pour un plus large accès aux médicaments
antiviraux dans les pays pauvres, grâce à la diminution des prix.
Le problème est que cette
initiative nécessite que les gouvernements négocient, de manière bilatérale,
avec des firmes distinctes, médicament par médicament, pour obtenir des
remises.
A ce jour, seuls cinq pays,
le Mali, la Côte d'Ivoire, le Rwanda, le Sénégal et l'Ouganda, ont négocié
des réductions de prix avec quatre firmes pour rendre disponibles les
antirétroviraux à prix plus faible. Alors que les entreprises ont accepté
une réduction de 80%, la remise a été calculée sur un prix de détail nettement
majoré. Avec des prix compris entre 720 et 1320 dollars par personne et
par an, ces "cocktails" proposés par les multinationales sont toujours
plus onéreux que les propositions faites par trois différents producteurs
indiens de médicaments génériques à 600, 347 et 285 dollars. [xii]
Cette année, au Mali, sur
les 350.000 personnes infectées par le virus HIV, seules 300 à 400 d'entre
elles bénéficieront de ces traitements. Elles rejoindront les 120 heureux
élus du Sénégal et les 1300 de l'Ouganda qui, grâce à cette initiative,
obtiendront les antirétroviraux. [xiii]
En Afrique, plus de 25 millions de personnes sont infectées par le virus
HIV. Il est tout à fait clair qu'une initiative majeure permettant à seulement
2000 personnes d'accéder aux traitements n'apporte pas une réponse satisfaisante
à l'écrasant défi auquel sont confrontés les gouvernements africains.
Cette initiative détourne
les gouvernements de solutions plus efficaces et durables, comme les achats
en gros, les licences obligatoires [xiv],
les importations parallèles [xv]
et les incitations accrues à produire localement les médicaments essentiels..
Les initiatives des entreprises
mises en place en partenariat avec les agences des Nations unies peuvent
être dommageables, car elles renforcent et accroissent le contrôle des
firmes sur le prix des médicaments. Ainsi que l'admet une source issue
de l'industrie : "En négociant individuellement avec chaque pays, nous
faisons la meilleure affaire possible. N'oubliez pas que la plupart des
groupes pharmaceutiques ont maintenant des programmes spécifiques grâce
auxquels ils peuvent orienter l'aide sous forme de médicaments et de matériel
gratuits, et d'assistance médicale qualifiée. Mais en définitive, les
brevets sont protégés et les profits garantis." [xvi]
L'OMS et les autres agences doivent reconnaître que ces initiatives n'améliorent
pas de façon significative ni durable l'accès aux médicaments.
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La
mise à jour de la Liste des Médicaments Essentiels
Le concept de médicament essentiel
repose sur le fait que seulement environ 250 médicaments permettent de
traiter efficacement plus de 90% des maladies. Les médicaments essentiels
sont définis comme "ces médicaments qui satisfont les besoins sanitaires
de la majorité de la population, à un prix abordable pour celle-ci et
pour la communauté ; ils devraient donc être disponibles à tout moment,
en quantité suffisante et sous la forme pharmaceutique appropriée". [xxx]
La Liste Modèle des Médicaments
Essentiels de l'OMS, établie en 1977 et mise à jour tous les deux ans,
fournit une liste de référence pouvant être utilisée par les Etats membres
pour mettre au point leur propre liste nationale. Le modèle actuel est
composé d'une liste principale et d'une liste complémentaire. Lors de
la dernière mise à jour, en 1999, le Comité des Experts de l'OMS sur les
Médicaments Essentiels a demandé une révision des méthodes d'actualisation
et de distribution de la liste modèle. Ce processus est maintenant en
cours. L'intérêt pour la révision s'est accru depuis 1999, essentiellement
du fait de l'attention portée au nombre très limité d'antirétroviraux
présents sur la liste modèle
L'OMS a tenu une réunion en
mars pour aborder cette demande de révision et si possible modifier la
liste modèle. L'un des objectifs était d'améliorer les moyens d'utilisation
par les autorités nationales de la liste, considérée non seulement comme
une liste de produits, mais aussi comme un procédé modèle de sélection
pharmaceutique. Les participants à la réunion ont également décidé que
la liste devrait présenter une plus grande transparence, sous forme d'informations
supplémentaires aidant les comités de sélection nationaux à comprendre
plus précisément pourquoi un médicament figurait sur la liste, et qu'elle
devrait comporter notamment des considérations importantes sur sa sélection.
Les participants à la réunion
ont fait les recommandations suivantes:
- Transparence accrue
du processus de sélection pharmaceutique. La demande d'ajout d'un
médicament sera faite sur un formulaire nécessitant des justificatifs
sur les motifs pour lesquels le médicament devrait figurer sur la liste
(sécurité, qualité, efficacité et rentabilité sur le plan clinique).
- Informations pharmaceutiques
supplémentaires.
Les médicaments sélectionnés doivent être accompagnés des informations
détaillant les motifs pour lesquels ils ont été inclus dans la liste.
- Révision de la liste
en cours. Les médicaments actuellement sur la liste doivent subir
la sélection d'actualisation proposée et la procédure d'évaluation.
- Maintien du système
de liste en deux parties. La liste principale indiquera les informations
sur la rentabilité clinique - et non des données expérimentales ou enregistrées
- (soit coût par cure, par mois ou par action de prévention), la qualité
et la sécurité. La liste complémentaire expliquera clairement pourquoi
un médicament est sur cette liste et pas sur l'autre. Elle inclura les
médicaments de coût plus élevé.
L'HAI demande à l'OMS d'adopter
les révisions proposées pour renforcer le modèle existant, afin d'en faciliter
l'utilisation effective par les pays lors de la constitution de leurs
propres listes nationales. Ces modifications rendent le processus de sélection
plus transparent ; l'ajout d'informations utiles à la compréhension des
critères de sélection par les pays, particulièrement concernant les médicaments
figurant sur la liste complémentaire, aidera les autorités nationales
à mettre en place leur propre liste. Le maintien d'une liste en deux parties
préserve les fonctions principales de la liste des médicaments essentiels

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Références
[i]
Bala, K. & Sagoo, K. "Brevets et Prix" ("Patents and prices") HAI News,
No. 112, avril/mai 2000.
[ii] Brundtland, G. "Réflexions préliminaires à l'atelier
OMC/OMS sur les prix différenciés" ("Opening remarks at WTO/WHO Workshop
on differential pricing"), 8 avril 2001.
[iii] "L'OMS face au commerce et aux produits pharmaceutiques"
("WHO to address trade and pharmaceuticals") Revue de presse de l'OMS
WHA/13, Genève, Suisse, 22 mai 1999.
[iv] Brundtland, G. "Réflexions préliminaires à l'atelier
OMC/OMS sur les prix différenciés" ("Opening remarks, WTO/WHO workshop
on differential pricing").
[v] "Exposé des médicaments essentiels" ("The rationale
of essential drugs"), site Web de l'OMS sur les médicaments essentiels
et autres: http://www.who.int/medicines.
[vi] Ibid.
[vii] "Déclaration conjointe de Consumer Project on
Technology (CPT), Health Action International (HAI), Médecins Sans Frontières
(MSF), Oxfam et Treatment Action Group (TAG) lors de l'atelier de l'OMC/OMS
sur les prix différenciés et le financement des médicaments essentiels",
11 avril 2001.
[viii] La clause d'exploitation locale prévoit qu'un
produit breveté doit être fabriqué par le détenteur du brevet dans le
pays où il sera commercialisé ou que le détenteur doit rendre la procédure
brevetée accessible aux producteurs locaux. Cette clause figure dans la
législation brésilienne sur les brevets, y compris la disposition selon
laquelle, si le fabricant ne produit pas le produit localement, le Brésil
peut utiliser les importations parallèles pour se procurer la marchandise.
Il est important de noter que cette clause s'applique à tous les produits,
bien qu'en pratique elle ait été utilisée principalement par les producteurs
et les importateurs de médicaments.
[ix] L'exploitation précoce d'un brevet est une exception
prévue par l'Accord sur les ADPIC compatible avec le droit des brevets
pharmaceutiques. Elle autorise la production d'un médicament, sans l'accord
du détenteur du brevet, dans le but d'obtenir l'approbation réglementaire
d'un produit générique avant l'expiration du brevet. L'exploitation précoce
dans les législations nationales est aussi connue comme l'exception "Bolar".
Cette disposition réduit le délai entre l'expiration du brevet et la commercialisation
de la version générique, ce qui est avantageux pour le consommateur, le
prix diminuant plus rapidement. L'OMC a décidé qu'il était acceptable
de produire un bien en vue de son approbation, mais qu'un producteur ne
pouvait pas en fabriquer de grandes quantités et constituer des stocks
pour une vente éventuelle après approbation de la version générique et
expiration du brevet.
[x] Bala, K. and Sagoo, K. "Brevets et Prix" ("Patents
and Prices.")
[xi] Multinationales pharmaceutiques : Boehringer-Ingelheim,
Bristol Meyers, Squibb, Glaxo-Wellcome, Hoffman LaRoche et Merck. Agences
Internationales : WHO, UNAIDS, UNICEF, WB et UNDP.
[xii] Weissman, R. "Le Mali accepte l'initiative big-4"
("Mali accepts big-4 initiative") de "E-drug list serv", 10 avril 2001.
[xiii] Ibid.
[xiv] La
licence obligatoire est l'octroi d'une licence à un tiers sans le consentement
de son détenteur. Ce dernier reçoit une rémunération adéquate pour cette
licence. La licence obligatoire est une option juridique prévue par l'Accord
sur les ADPIC (article 31).
[xv] L'importation parallèle est le commerce d'un produit
d'un pays à un autre sans l'autorisation du fabricant. Cela peut représenter
une alternative attrayante quand le produit est vendu à différents prix
sur différents marchés.
[xvi] IRIN 2 avril 2001.
[xvii] "Déclaration conjointe de CPT, HAI, MSF, TAG
à l'atelier de l'OMC/OMS sur les prix différenciés".
[xviii] Brundland, G. "Des médicaments moins chers
offrent un espoir dans la guerre contre le SIDA" ("Cheaper drugs offer
hope in the war against AIDS") International Herald Tribune, 14 février
2001.
[xix] Mondialisation, ADPIC et accès aux produits pharmaceutiques
: Perspectives politiques de l'OMS sur les médicaments, 3 mars 2001, OMS.
[xx] Ibid.
[xxi] "Améliorer l'accès aux médicaments essentiels
: faire face à la crise" ("Improving access to essential medicines: confronting
the crisis"), Communication de MSF, CPT et HAI sur la politique pharmaceutique
à la 53éme Assemblée Mondiale de la Santé, mai 2000, se référant à la
page Web du CPT: http://www.cptech.org/ip/health/sa.
[xxii] McNeil, Jr., D. "Bush poursuit la politique
de Clinton sur les besoins des pays pauvres en médicaments contre le SIDA"
("Bush keeps Clinton policy on poor lands' need for AIDS drugs") New York
Times, 22 février 2001.
[xxiii] Résolution du Parlement européen (B5-0182/2001),
15 mars 2001.
[xxiv] Pruzin, D. "La résolution brésilienne sur les
médicaments est critiquée par les Etats-Unis, car elle menace les droits
sur la propriété intellectuelle" ("Brazilian drug resolution draws U.S.
criticism as IP rights threat"), 24 avril 2001 publié dans Drug Information
& Policy list serv, 26 avril 2001.
[xxv] Moore, M. "Oui, des médicaments pour les pauvres
- et des brevets aussi-" ("Yes, Drugs for the poor -and patents as well-"),
International Herald Tribune, 22 février 2001.
[xxvi] "A travers le monde, des voix condamnent l'hypocrisie
de l'industrie pharmaceutique : des milliers de personnes ont signé la
pétition sur Internet demandant l'arrêt de l'action judiciaire contre
l'Afrique du Sud. L'administration Bush a appelé à soutenir publiquement
le combat pour les médicaments à prix abordable" Revue de presse de Médecins
Sans Frontières, 17 avril 2001.
[xxvii] Déclaration conjointe de CPT, HAI, MSF, Oxfam
et TAG lors de l'atelier OMC/OMS sur les prix différenciés.
[xxviii] Déclaration conjointe de CPT, HAI, MSF, Oxfam
et TAG lors de l'atelier OMC/OMS sur les prix différenciés.
[xxix] Citation de M. Kern dans "Questions posées fréquemment
sur les licences obligatoires" ("Frequently asked questions about compulsory
licenses") site Web du Consumer Project on Technology, 20 janvier 1999.
http://www.cptech.org/ip/health/cl/faq.html.
[xxx] Comité d'Experts de l'OMS sur les médicaments
essentiels, décembre 1999.
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